Ambiance,  Histoire du jardin

20 ans dans mon jardin

Cela fait 20 ans que nous avons acheté cette petite maison « de vacances » perdue au milieu d’un pré, et que nous nous sommes lancés dans le jardinage. Nous n’avions pas encore 30 ans, et nous avons été attirés par le potentiel de cet endroit. Un choix qui sortait un peu des sentiers battus : une petite maison pour y vivre, avec un grand terrain à entretenir. Ok, c’est chouette pour les vacances, mais pour y vivre toute l’année… ?

Et pourtant, chaque année, je me dis que j’ai la chance de vivre dans une maison de vacances toute l’année. 😊

La marre naturelle entourée de Reines des prés et herbes givrées

Chez mes grands-parents, il y avait du terrain, mais ce n’était pas vraiment un jardin. Un grand espace pour une quinzaine de poules, un pré, un coin potager soigneusement bêché et désherbé jusqu’au moindre brin d’herbe. À un endroit poussait une rangée de rhubarbe, ici et là des pivoines, je me rappelle aussi des lilas et de quelques pruniers. Un rosier rouge émergeait des hautes herbes. Le reste, c’était de l’espace laissé à lui-même, parfois fauché une fois par an, et encore. Pas de tondeuse, aucune mécanisation. Il n’était pas question d’un jardin d’ornement. Ce terrain existait pour sa fonction, pas pour être admiré ou investi pour le plaisir. Il était juste là.

Et pourtant, enfant, j’adorais me perdre dans ces espaces. Aller voir les poules, les lapins, m’isoler avec mes jouets. Le terrain autour de la maison était invisible depuis la route, sans voisins directs. Je me sentais bien, seule, au milieu de la nature. Ça m’a valu pas mal de piqûres en tout genre, mais ça valait le coup !

Scène buccolique dans la partie la plus"sauvage" du jardin

Encore plus grand, il y avait le jardin de mes arrière-grands-parents. Un peu plus entretenu. Il y avait un grand verger, un immense potager, une pelouse, et je me souviens d’énormes hortensias, plus hauts que moi, qui m’impressionnaient beaucoup.

À côté de ça, le minuscule jardin de mes parents faisait un peu pâle figure. Un « mouchoir de poche », entouré de murs, qui devait à peine faire un are. Aujourd’hui, je sais que je serais capable d’en faire un petit coin de paradis, mais à l’époque, les quatre murs autour d’une pelouse, avec des potées de géraniums en été… ça ne me faisait pas rêver.

Une fois installée sur notre propre terrain, je me suis plongée dans les magazines de jardinages et les livres. J’ai été fascinée par les images des jardins fleuris et impeccables dans les magazines spécialisés. J’ai commencé à rêver mon jardin. Ce rêve m’a d’ailleurs menée à de nombreux achats… mais la réalité du terrain, pas facile à apprivoiser, et l’énergie limitée que nous pouvions y consacrer ont vite repris le dessus. Le jardin a décidé pour nous avec le temps.

Il y a des zones relativement bien entretenues, d’autres presque laissées à elles-mêmes, et entre les deux, un joyeux mélange d’herbes diverses, d’arbres fruitiers et ornementaux.

Notre terrain fait 49 ares et 65 centiares, maison et parking compris. Il est situé au fond d’une vallée, à 10 mètres d’une petite rivière. Ici, le printemps arrive plus tard et l’automne plus tôt que dans le haut du village. C’est un détail, mais il compte. Le sol est argileux, humide et froid. On a dû apprendre à le connaître un peu… à la dure.

Ce jardin est un mélange de nature laissée à elle même – – ok pas à 100%, mais j’y retrouve le laisser vivre de la campagne de mon enfance et mon amour des fleurs colorées.

Il n’y a pas vraiment ici de bordures délimitant clairement les massifs et les orties, pissenlits laiterons et chiendents s’invitent un peu partout (mais vous savez quoi? Ils sont tous les quatre commestibles!)

Ce sont ces méandres de l’exploration du jardin que je vais (re)découvrir à travers ce blog. Ces vingt années d’essais, d’erreurs, de réussites, d’acharnement… et des moments d’abandon parfois aussi. 🌿

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