Le jardin en mouvement
Une partie de mon jardin est un jardin libre. C’est même la plus grande partie! Il n’est pas délimité clairement, ni structuré.
Il bouge chaque année — nous changeons parfois les chemins tracés à la tondeuse — et il se transforme à sa guise, accueillant ici ou là de nouvelles espèces.
Si l’on n’y prend pas garde, on pourrait croire que ce n’est qu’une prairie… ou pire, un terrain « pas propre ». Et pourtant, il s’y passe tant de choses !
Alors, quelles fleurs trouve-t-on dans cette zone mouvante, en ce début juillet ?
Trois dominantes :Trèfle, Lotier et Reine-des-prés
Les plantes basses qui poussent en grandes zones sont le trèfle et de lotier. Dans une autre zone, des plantes beaucoup plus hautes dominent : les reines- des-prés (Filipendula) qui sentent bon l’amande.
Le lotier semble s’épanouir dans des conditions intermédiaires, ni trop sec, ni trop humide. D’après mes lectures, c’est un excellent indicateur de biodiversité. Il nourrit une bonne dizaine d’espèces de papillons, dont certaines devenues rares. Vive le lotier !
Toujours selon mes lectures, le trèfle blanc est lui aussi un bon indicateur de biodiversité.
Il s’est invité franchement partout (sauf si c’est trop humide).
Observation : le trèfle fleurit mieux là où j’ai tondu deux ou trois fois en début de saison, puis laissé pousser. Les zones tondues une seule fois, tôt au printemps, n’en ont presque pas.
J’en conclus que les périodes d’arrêt de la tonte influencent la diversité, en favorisant la floraison de certaines espèces.
Alors elle, c’est vraiment La Queen!
La Reine des prés (Filipendule) a toujours été naturellement présente dans les zones les plus humides et ensoleillées. Elle atteint facilement 150 cm. Sans avoir dépensé 1 euro et sans travail, j’ai droit à des centaines de fleurs qui sentent bon l’amande.
La plus petite
Le Myosotis a de toute petites fleurs. Peut-être le Myosotis hérissé d’après Obsidentify.
Les plus fashis
La centaurée est une nouvelle arrivée. Je ne la trouve qu’en un seul endroit, mais elle devrait se ressemer sans peine. Utile pour beaucoup d’insectes et papillons, j’espère que désormais, le couvert étant mis, de nouveaux petits copains aillés vont venir nous dire bonjour.
La silène aime plutôt les sols secs ce qui la rend assez peu présente au jardin. Elle s’y installe quand même sur les parties les plus hautes et au pied d’arbustes. Elle est mellifère et utile aux papillons de nuit.
Je trouve intéressant que les plantes de zones plus sèches trouvent quand même des conditions un peu favorable à leur installation dans une zone globalement humide. Sa présence est assez marginale dans le jardin, mais elle apporte quand même sa part du colibri.
Bien sûr des Achillées, qui aiment aussi les sols frais, mais pas trop humides et certainement pas noyés en hiver.
Un plan de moutarde! Les champs sont loin donc apportée petit à petit : d’une graine échappée à une autre, à une autre…
Récupérer ce qui pousse dans le jardin libre pour alimenter des massifs plus structurés
La Prunella (ou Brunelle) sait pousser un peu partout. Vendue en jardinerie comme couvre sol, je vais en prélever quelques pieds et les ajouter à mes massifs. Comme elle est présente naturellement dans le jardin, je peux être sure de son bon développement ailleurs.
Inversément, le jardin libre accueille des plantes de massifs
Ici une Bourrache échappée de semis effectué dans un massif à certainement plus de 10 mètres. C’est également le cas de la Véronique.
Hommage à l’ordinaire
Et puis, il y a des espèces moins emblématiques, moins « belles » comme la Scrofulaire ou le Crépis, qui sont malgré cela des maillons intermédiaires dans la biodiversité.
De toutes petites fleurs bordeaux pour la Scrofulaire aquatique et un jaune pissenlit pour le Crépis.
Le crépis aime aussi plutôt le sec et n’est pas très présent. Je le trouve particulièrement joli en bouton. Typique des bords de routes.
Les moins aimées
Ronces et liserons! Les ronces ont leur place (et de toute façon, bonne chance pour déterrer une ronce!) Elles sont essentiellement dans les haies et nous coupons seulement les branches qui poussent vers les passages et à hauteur de visage parfois (il vaut mieux ne pas se promener dans ces coins là à la nuit tombée!)
Le liseron est peu présent dans cet espace. Il est bien plus présent dans les massifs plus soignés et structurés.
Penser un jardin dans son contexte
Cette partie du jardin, changeante et libre, favorise la biodiversité tout en s’intégrant naturellement dans le paysage autour. Elle fait le lien entre notre terrain et l’environnement plus large.
J’aime l’idée d’un jardin qui s’inscrit dans son contexte, qui ne tranche pas avec ce qui l’entoure. Un jardin qui ne cherche pas à être parfait ou à se démarquer à tout prix, mais qui reste cohérent avec le lieu.